Les confidences de Paul Kapita Shabangi (1)

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paul kapita et cheik fita

 » A part son épouse, je le connais mieux que quiconque ! »

Pour un défi, c’est un défi! Les yeux brillants et un sourire malicieux aux lèvres, mais avec cette assurance d’un homme qui connait de quoi il parle, Kapita Shabangi ajoute, pour indiquer le degré d’affinités entre eux:  » d’ailleurs, je ne lui parle jamais en français.  » Et plus loin  » Il sait que ne l’ai jamais trahi « .

Ce lui « , n’est nul autre qu’Etienne Tshisekedi, 83 ans, président de l’UDPS et président du Rassemblement, la principale coalition de l’opposition congolaise.

Après avoir été  » destitué  » l’année dernière par Tshipamba Mpuila et dix-sept de ses amis politiques réunis à Bruxelles et  » remplacé  » par un parfait inconnu nommé André Kalonzo, ancien joueur de football du TP Mazembe, d’autres inconnus viennent remettre ça.

lusanga ngiele

Ceux-ci se nomment respectivement François Lusanga Ngiele et Mukoka Muena Kavula, tous deux présentement membres de l’UDPS/Originelle [ndlr : autrefois UDPS/Kibassa]. Le premier cité est député national élu lors des dernières législatives et … vice-président du parti en question. C’est en leur qualité de  » Pionniers de l’UDPS  » –  un parti inexistant sur le plan juridique car il a disparu du paysage politique avant les élections de 2006 – qu’ils se rappellent au bon souvenir des congolais.

Comment expliquer que des membres d’un parti dont ils ne sont plus membres s’arrogent le droit de déchoir le président d’un parti tiers au seul fait qu’ils en ont été des fondateurs?

 » Leur âme est restée à l’UDPS  » répond Paul Kapita, sans trop savoir s’il le certifiait ou l’espérait.

Tragi-comique ou pas, c’est cela aussi l’incongruité du microcosme politique congolais où l’irresponsabilité, la corruption, les ambitions démesurées et la bêtise sont omniprésentes depuis le 30 juin 1960. Aussi, le 15 août dernier lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, les intéressés ont  » déchu  » le chef de l’UDPS de ses titres et qualités.

Bien entendu, à part le fait qu’elle a rapporté à ses auteurs leur quinze minutes de gloire, la  » mesure  » n’a pas eu un début de réalisation à ce jour tant elle est irréaliste, voire fantaisiste. Il n’empêche, elle a choqué.

Pour faire le plaidoyer de la  » victime  » sur le plateau de Cheik Fita, surprise: c’est Paul-Gabriel Kapita Shabangi. Les cheveux grisonnants, vêtu d’un costume beige, lunettes cerclées d’or il tient devant ses yeux un papier qui semble contenir sa déclaration mais il n’y jettera que rarement un regard car, même avec  » le cœur meurtri « , il connait par cœur sa matière.

Paul Kapita Shabani est mal placé pour venir au secours de l’homme de Limete. Une frange de membres de l’UDPS le considèrent comme un  » vagabond politique  » du fait de ses pérégrinations politiques qui l’amenèrent à faire partie du gouvernement de l’AFDL (avec Fréderic Kibassa-Maliba, Justine Kasavubu et Talangayi notamment) d’abord, et au sein de l’Apareco de l’ancien chef du Renseignement mobutiste Honoré Ngbanda ensuite.

D’autres l’ont cité parmi le groupe qui venait de déchoir Etienne Tshisekedi.

Mais c’est un homme honnête et franc qui s’exprime au micro de Cheik Fita, dépourvu de toute amertume. Chez-lui ni des déclarations fracassantes ni des propos à l’emporte-pièce. L’on sent tout de suite qu’il s’agit que c’est un homme libre doublé d’un intellectuel.

A la fin de l’entretien, une seule chose saute aux yeux : malgré son passe politique inconstant, Paul Kapita Shabangi appartient à une catégorie de politiciens qui ne sont pas légions en RDC. Ce n’est pas non plus un enfant de chœur. Lui, il dit ce qu’il pense… même si ça fâche!

Ci-dessous des larges extraits de l’entretien que Paul Kapita Shabangi a livré à Cheik Fita.

Les Pionniers de l’UDPS                                   

Les Pionniers existent. C’est un fait politique … ils sont reconnus par l’UDPS que nous avions fondé le 15 février 1982.Il y a des Pionniers, et des co-fondateurs. Les survivants ont été présents a cet entretien-là.

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Mes collègues les Pionniers avaient fait un point de presse dans lequel ils prennent à parti monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président de l’UDPS, comme quoi il aurait vendu le parti, qu’il agit selon ses humeurs sans tenir compte des textes qui ont créé le parti, bref qu’il aurait vidé le parti de sa substance, en foi de quoi on lui interdit d’engager le parti dans quoi que ce soit jusqu’au congrès.

Je n’ai pas appris par surprise la nouvelle comme les autres. Non. J’ai eu un petit entretien amical et sincère avec mon collègue [Lusanga Ngiele] qui me disait qu’ils allaient prononcer la déchéance de monsieur Etienne Tshisekedi compte tenu du fait qu’il est pris en otage par sa famille biologique.

Je lui ai dit très gentiment :  » cher collègue, tenons compte des enjeux politiques du pays et de son évolution – pour ne pas dire involution puisque tout ne va qu’en régression dans notre pays. Ne vous risquez pas, en prenant pareille position, ça risque de vous desservir et nous faire disqualifier par le peuple qui ne jure que par Etienne Tshisekedi. Les faits politiques comme les faits sociaux sont têtus et normaux. Il faut voir plus d’une fois  et dans quelle proportion ce monsieur est accueilli.

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J’en profite pour dire ce que [Albert] Kalonji Mulopwe m’avait lancé un jour à Kinshasa  sur l’avenue Masimanimbaou nous allions nous amuser comme tout le monde :  » Kapita, je ne pouvais pas imaginer de mon vivant qu’il y ait dans ce pays un homme plus populaire que Patrice-Emery Lumumba que je n’ai pas pu supporter. »

Cela étant, c’est une réalité, ce n’est pas un rêve, on ne l’a pas lu dans un livre : on le vis au Congo. Comment peut-on au même moment prendre une position politiquement irresponsable et presque à la légère ?  »

… Il y a ce passage qui fait mention des élections de 2011 où il est dit ceci :  » Monsieur Tshisekedi s’était autoproclamé président de la République « . Mais il n y a que ceux qui sont né de la dernière pluie qui peuvent se permettre de tels propos parce que c’est un fait vécu. Tout le monde sait ce qui s’est passé en 2011.

Deuxième passage a trait aux Concertations nationales [d’octobre 2013 auxquelles l’UDPS n’avait pas pris part]. Ils disent Concertations ou Dialogue c’est pareil en ce sens que les deux sont précédés par un comité préparatoire.

Ce qui me peine, c’est ceci :  ils disent que si l’UDPS avait participé à ces Concertations, il en serait issu un gouvernement de cohésion nationale. C’est donc ce gouvernement qui aurait pu donner des moyens à la CENI. Mais … je me suis pose la question pour savoir si j’étais entrain de lire un roman ou un texte parce que, que nous sachions, Etat ou pas Etat, il existe et il fonctionne un Parlement dans ce pays-là. Je fus membre du Parlement … la législature est encore en cours… chaque année on vote un budget article par article… l’article qui concerne la fameuse CENI a été doté de 250 millions de dollars US. C’est chaque année chaque législature automatiquement 250000000 de dollars.

Mais lorsqu’on vote un budget ce budget est exécuté, on convoque le gouvernement au travers du ministre des Finances pour faire la reddition des comptes, et chaque compte est analyse au peigne fin. Il s’ouvre un débat. A moins qu’il y ait pas eu de débat ! Et s’il n y a pas eu de débat, comment peut-on parler d’un Parlement ? Les 250 millions de dolars ont été donne chaque année pour prévenir les dépenses en rapport avec l’organisation des élections… Il ne reste qu’une session pour que la législature touche a sa fin. Il faut prendre 250 millions de dollars fois cinq c’est un milliard deux cent cinquante millions ! La question qui se pose de plein droit est : où est parti cet-argent-là, pour prétendre que si l’UDPS avait pris part aux Concertations le gouvernement qui en serait issu aurait pu donner des moyens à la CENI ? C’est paradoxal !

Je ne les suspecte pas d’être de mèche avec le pouvoir mais ce sont eux-même, sans le avoir, défendent ce qu’ils n’ont jamais défendu ! Par exemple au sujet des Concertations nationales. A ce jour il y a plus de 700 résolutions de ces Concertations mais aucune n’a été appliquée. Ça s’averre avoir été du cinéma. Qu’est-ce qui garantit que si l’UDPS y avait pris part  elle ne se serait pas vide de sa substance en termes politiques d’envergure et d’aura ?

Ils sont contre le Rassemblement. Mais moi je ne partage pas cet avis-là. Le fait que les autres personnalités, kabilistes ou pas, reconnaissent en E. Tshisekedi le leadership national dont le parti est enracine dans tous les coins et recoins du pays, n’est-ce pas a l’actif de l’UDPS ? Au contraire les fondateurs de l’UDPS devraient s’en réjouir et se frotter les mains [en disant] : enfin on reconnait les dimensions nationales de notre parti.

UDPS Originelle

L’UDPS originelle n’existe plus que dans l’histoire. Aujourd’hui nous avons l’UDPS/Tshisekedi qui date des élections 2006 puisque monsieur Théophile Mbemba, ministre de l’Intérieur de l’époque avait prétendu qu’il avait homonymie alors que l’UDPS ne venait pas de naitre. C’est le seul parti  au sein classique du terme qui fonctionne tel que ça se fait partout. Donc l’UDPS/Tshisekedi d’une part et l’UDPS/Kibassa d’autre part.

udps kibassa

Je pense que mes collègues Pionniers parlent de l’UDPS originelle. C’est peut-etre une erreur qui est due a l’histoire ou c’est une myopie. Mais la realite etant celle-la : l’UDPS/Tshisekedi, le president de ce parti c’est Tshisekedi Etienne ! L’UDPS/Kibassa, le president-interimaire c’est Lumbu Protais, et Lusanga Ngiele en est le vice-president ! Alors de quel UDPS parlent-ils car ils parlent de l’UDPS que nous avions fonde !

Aujourd’jui, à l’issue des deux entretiens que j’ai eu avec mon collègue [François Lusanga Ngiele], je lui ai demande de convaincre les autres pour qu’au lieu de faire un point de presse, avec entre autre points a l’ordre du jour le point capital visant la déchéance de Tshisekedi, ce serait non seulement de irréalisme, mais aussi un manque de responsabilité politique historique, je l’ai conseille a s’appesantir sur l’unification du parti pour s’inscrire dans le même schéma que celui auquel s’étaient inscrits les jeunes du parti, principalement ceux de France, qui seront rejoints par le reste de l’Europe, et même des USA qui étaient tout feu tout flamme afin que le parti soit réunifié pour reprendre son prestige d’antan.

J’avais insisté pour qu’il en soit ainsi. Je reconnais, mon collègue a été honnête puisque le lendemain il m’a fait un message pour me dire qu’il avait défendu mon point de vue et qu’il avait été minorisé. Alors il me demandera de lui faire par écrit mon point de vue. Je lui ai adressé un message dans ce sens-là pour prôner l’union de l’UDPS avec à sa tâte Etienne Tshisekedi de par son aura et son étoile qui brille de manière exceptionnel.

Ils ont fait leur point de presse. C’est un droit mais je pense qu’ils vont ravaler leur humeur pour revenir a la sagesse et faire en sorte que nous puissions aller de l’avant.

Parce que maintenant certains paragraphes de leur texte portent à croire qu’ils bénéficient des facilites de communication qui ne sont pas normalement offertes a l’opposition. Et là il y a un hic.

Cette histoire d’homonymie était un prétexte du pouvoir dont s’était servi le ministre Mbemba pour déranger monsieur Tshisekedi. Alors d’autres lui ont conseillé d’ajouter un label « UDPS/Tshisekedi « pour couper la poire en deux et mettre une fois pour toutes fin aux tergiversations. Sinon il ne l’aurait pas fait.

Et pourtant il avait déjà l’UDPS/Kibassa… Il y a eu des luttes intestines au sein du parti par rapport à l’idéologie et à la doctrine et deux directions parallèles… J’insistais dans mes contacts de s’appesantir sur les efforts visant l’union du parti pour faire une seule UDPS sous l’égide d’Etienne Tshisekedi.

Ils ont leur cœur rattache au parti [UDPS/Tshisekedi] mais il leur faut ravaler leur orgueil.

A SUIVRE

Un parfum d’un calendrier électoral « tshisekedicide » …

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La déclaration faite par le chef de l’Etat le 4  août dernier à Kampala relative à un possible report des prochaines élections au 17 août 2017 n’est pas sans arrière-pensées politiciennes. Et si l’une d’elles consistait à  écarter en douceur une candidature d’Etienne Tshisekedi  aux prochaines présidentielles ?

Le pays des « faux penalties» ne s’est pas seulement fait connaitre pour la forte propension de certains de ses habitants à la triche (tricherie lors des examens scolaires ou académiques, tricherie des résultats électoraux, tricherie sur des impôts dus, tricherie sur l’Etat-civil, tricherie sur le code de route, tricherie au sujet des diplômes obtenus, etc.).

Chez-nous, les lois ne revêtent pas toujours un caractère impersonnel qu’elles devraient avoir. En tout cas il n’est pas rare que les détenteurs de l’imperium agissent au cas par cas, c’est-à-dire selon la tête du  » client « , ou simplement au gré de la volonté du Prince.

L’histoire politique de la RDC, une suite de prêt-à-porter politiques

Question à dix-mille Rands : que faudrait-il faire lorsque l’âge d’un candidat-président est inférieur à celui requis par la Constitution ? Réponse … congolaise: deux hypothèses sont possibles. Soit l’on établit un CV ad hoc en « vieillissant »  l’intéressé  de quelques années, soit l’on modifie la loi elle-même afin de l’accommoder à l’âge  » présidentiel « !

C’est la seconde hypothèse qui parut convenable aux stratégistes du Palais de la Nation lors des élections de 2006. Aussitôt dit aussitôt fait : la loi en la matière fut changée.

Après tout, les lois ne sont-elles pas faites par les humains ? Eh bien, ce sont des hommes qui les changeront ! Les lecteurs de Machiavel ne pourront qu’apprécier.

Lors des présidentielles de 2006, certains rêveurs s’attendaient à un débat télévisé entre les candidats retenus pour le deuxième tour. Tant pis pour eux: un «  arrangement » avec le Haut-Conseil de l’Audiovisuel, au motif que c’est « pour des raisons indépendantes de la volonté » de l’un des candidats, aboutit purement et simplement à l’annulation du débat entre Jean-Pierre Bemba et son rival, le président-sortant.

Sacrés congolais : non seulement on n’organise pas les élections pour les perdre (entre nous : ce serait stupide de faire l’opposition après avoir été au pouvoir, non ?), mais l’on peut changer à volonté les règles de jeu, comme le ferait un arbitre au courant d’un match !

Des années plus tard, Lambert Mende, le ministre de la Communication, mettra sur la voie publique ce que l’opinion savait déjà : qu’il était « taiseux », le Prince.

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Revenons à 2006. Pour sa part, Modeste Mutinga Mutuishayi, l’ex-président du Haut-Conseil de l’Audiovisuel, autrefois situé dans l’opposition, passa avec armes et bagages au sein de la Majorité Présidentielle et fut élu (ou « nommé »?) sénateur. Depuis, on le qualifie « de magnat de presse prospère ».  Récompense pour le service rendu ou simple coïncidence ?

Quoiqu’il en soit, qui oserait soutenir que le vagabondage politique était un « sport » exclusivement réservé aux politiciens corrompus du Congo-Kinshasa ?

Puis s’annoncèrent les élections de 2011. Pour  » mieux les préparer « , les stratégistes de la Présidence estimèrent cette fois que les élections se limiteraient à un seul tour. Motif : « pour des raisons budgétaires »! La Constitution fut modifiée…

On connait la suite : la CENCO qualifia le scrutin de novembre 2011 de  » honte « . A ce sujet, ce n’est que récemment que les langues commencent à se délier afin de livrer à l’opinion ce qui s’est réellement passé lors ces élections.

Le retour triomphal de Tshisekedi, un défi au pouvoir

Après la démonstration de force du 27 juillet dernier lors du retour à Kinshasa du vieil opposant à la suite d’un long voyage médical à Bruxelles suivi du géant meeting du « Rassemblement » quatre jours plus tard en face du Stade des Martyrs, l’on se demandait quelle serait la réaction du pouvoir.

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La Majorité Présidentielle (MP) avait déjà annoncé les couleurs lors de son meeting controversé du 29 juillet au Stade Tata Raphaël. Le rassemblement des amis politiques du chef de l’Etat n’était pas nécessaire en soi car l’opposition n’ayant pas droit de cité ni à la télévision ni à la télévision, le meeting du 31 juillet était un prétexte pour s’exprimer publiquement. La Majorité Présidentielle par contre s’exprime ouvertement est omni présente dans les media et il était à se demander quel élément nouveau serait dit ce jour-là.

En fait il n’eut rien … si ce n’est la volonté de brandir ses muscles et montrer à l’opposition qu’il est encore très tôt de conjuguer le pouvoir actuel au passé.

Mais la vraie réplique est venue lors de la conférence de presse du chef de l’Etat à Kampala en Ouganda, le 4 août.

En plaçant les élections en aout 2017, soit au-delà de la fin du mandat légal du chef de l’Etat, le pouvoir veut faire d’une pierre deux coups.

D’abord il s’agit d’un alibi … démocratique pour justifier le glissement. Ici le message est lancé à la communauté internationale qui tient tant aux élections. En quelque sorte le gouvernement lui dit ceci : oui, les élections sont à l’ordre du jour, et nous tenons à les organiser après le toilettage du fichier électoral tant contesté. Seulement donnez-nous du temps pour le faire !

Ensuite, il semble être également question d’affaiblir le leader de l’opposition.

Ecarter Tshisekedi de la course en douceur, Mode d’emploi

Question : Comment procéder pour éliminer « en toute légalité » un rival politique encombrant autant populaire que si les élections étaient organisées dans les délais il les remporterait haut la main, tout en tenant compte du fait qu’il est âgé et à la santé fragile ?

Réponse … congolaise: une autre loi sur mesure qui repousserait un petit peu les élections à un an … officiellement. Après un an, on va voir ce qu’on va voir car les promesses politiques n’engagent que ceux qui y croient !

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En repoussant les élections plus loin, l’intention sera de casser la dynamique actuelle née de Genval une Union sacrée-bis. Plus les mois s’écouleront, plus l’état de grâce vécu par Tshisekedi s’effritera, et moins de populations lui feront confiance car les jeunes seront gagnés par l’impatience du changement.

Et puis il est possible que sa sante se dégrade, à moins que son âge lui-même n’exige qu’il cesse toute activité publique. Bon débarras !

Au sujet d’Etienne Tshisekedi, ce ne sont pas les raisons de le « punir » qui manquent au pouvoir de Kinshasa. D’abord par sa capacité de locomotive politique, ses exigences des préalables au sujet du Dialogue et son récent désaveu du facilitateur togolais Edem Kodjo agacent les dirigeants congolais. N’eut-été lui, il est possible que les billets verts auraient suffi. Comme en octobre 2013 lors des Concertations nationales.

Ensuite en parlant d’un « préavis » dans lequel se trouverait le chef de l’Etat à partir du 19 septembre prochain, « l’homme de Limete » se rend coupable du crime de lèse-majesté aux yeux du pouvoir. Enfin avec une crédibilité et une si grande popularité, il est la voix la plus écoutée de l’opposition tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays.

D’ailleurs, depuis son retour Limete est devenu une sorte de deuxième centre de pouvoir tant les diplomates et personnalités se succèdent chez le vieil opposant.

Plus tard il ne sera pas difficile d’entendre des voix discordantes au sein du « Rassemblement » en actionnant des ambitions égoïstes, d’autant que la propension à la corruption des politiciens congolais, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, n’est pas un secret. Les billets verts interviendront pour « convaincre » » les plus sceptiques.

Moïse Katumbi (déjà) écarté légalement car rendu inéligible à la suite de sa condamnation, il ne restait qu’à « régler » le cas du Sphinx de Limete pour mettre l’opposition complètement groggy.

Ainsi, la déclaration de Kampala faite par le président de la République donne l’air d’un parfum d’un calendrier électoral tshisekedicide…

Du sur mesure donc !

Mubake: « Circulez, il n’y a rien à voir ! « 

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mubake vOubliez leur origine, leur race, leur âge, leur idéologie, leur sexe, leur niveau d’instruction ou sous quelle latitude ils vivent. Du plus petit au plus grand, les politiciens de tous bords ont beaucoup de points communs.

Même s’il existe ici et là quelques exceptions qui confirment la règle, l’un des facteurs de ressemblance est celui-ci: ils raffolent des media, surtout quand il s’agit de s’en servir. D’ailleurs  » être manipulateur  » (de la presse ou des individus) est un terme voisin ou synonyme de  » politicien « .

Ces messieurs et dames aiment faire l’actualité et non pas la subir. C’est une façon, disent-ils, d’être du bon côté de l’histoire. Pour la plupart d’entre eux, c’est du business as usual.

Mais il arrive quelquefois que la presse ne se borne pas à faire écho aux idées de certaines personnalités et demande des comptes aux dirigeants (ou à ceux qui envisagent de présider aux destinées de leur pays).

C’est ça l’envers du décor. Dans ce cas ils devront faire face aux questions qui fâchent. C’est leur façon de subir l’actualité. On ne peut pas dire qu’ils y sont autant à l’aise que lorsqu’il s’agit d’être newsmaker.

Voilà brossée l’expérience désagreable qu’a vécu récemment Valentin Mubake, ancien conseiller d’Etienne Tshisekedi, au sortir de l’audience lui accordée par ce dernier à Bruxelles le lundi 4 juillet dernier, lors d’un bref entretien avec la presse congolaise.

Ci-dessous un extrait de l’interview de V. Mubake à Jeannot Kabuya de  » BanaMikili « :

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Jeannot Kabuya : (…) La dernière fois vous n’aviez pas été reçu par M. Tshisekedi (…) Quelles démarches supplémentaires avez-vous faites cette fois-ci pour le voir ?

Mubake : (…) Le passé appartient au passé (…) L’essentiel est d’avoir été reçu par lui. C’est ce que nous retenons, et c’est ça l’essentiel.

Q: (…) La plupart de temps vous faites cavalier seul, c’est-à-dire qu’il y a une hiérarchie à l’UDPS et vous semblez ne pas la respecter … il y a eu récemment des nominations à l’UDPS mais votre nom n’y faisait pas partie. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire à ce sujet ?

M. : Les questions de l’organisation de l’UDPS ne concernent pas la presse (…) Les questions internes à l’UDPS ne sont pas à traiter devant la presse, en tout cas pas sur la place publique !

Q: Est-ce vous comptez respecter la hiérarchie ou …

VM : [Visiblement agacé, il interrompt Jeannot Kabuya] Mais vous revenez sur la même question ! Je vous dis que les questions internes à l’UDPS ne concernent pas la presse, et ce ne sont pas des questions à traiter publiquement, notamment celle-là !

Q: Avant de repartir au pays la dernière fois il y a des choses que vous avez dites sur la place publique, maintenant vous ne pouvez pas renvoyer nos auditeurs puisque …

VM : [coupant l’interviewer] …Dites aux auditeurs …. Dites aux auditeurs … dites aux auditeurs que le passé appartient au passé : aujourd’hui j’ai rencontré le président Tshisekedi, c’est l’essentiel. Qu’ils regardent tous vers l’avenir !

Q: D’accord. Mais quelle garantie pouvez-vous donner à nos auditeurs que vous n’allez pas repartir à Kinshasa, et que demain quand quelque chose ne va pas vous convenir et que vous puissiez encore une fois …

VM : [Il interrompt le journaliste] … Les auditeurs à ce moment-là me poseront la question, et vous me la poserez. On n’est pas encore arrivé là-bas. Et donc le passé, je le répète, appartient au passé ; l’avenir seul Dieu sait quel est l’avenir ! Nous ne pouvons pas commencer à spéculer sur l’avenir…

Plus langue de bois que Mubake, tu meurs !

L’ennui c’est que Valentin Mubake est trop fin analyste lui-même pour prendre au sérieux ses propres arguties. Simplement il est assez habile politicien pour ne rien laisser transparaitre.

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Et pour cause. Officiellement la fronde qu’il a menée à l’UDPS commence avec la suspension de l’un de ses plus proches, Claude Kiringa, alors représentant de l’UDPS au Canada par Felix Tshisekedi, le secrétaire aux relations extérieures. Il était reproché au professeur Kiringa d’être  » à la base de la fuite d’un rapport confidentiel  » vers le site web 7sur7, qualifié de « media kabiliste ».

Il s’agit de la réunion qui eut lieu du 28 février au 2 mars 2014, à laquelle avaient pris part les représentants extérieurs de l’UDPS et F. Tshisekedi.

En fait, cette fuite avait mis  » sur la place publique un document interne  » à l’UDPS. Soit dit en passant, Valentin Mubake n’avait pas désapprouvé l’acte.

Ensuite l’essentiel des actions des amis de Mubake se déroulent non pas à l’écart de la presse, mais essentiellement sur les réseaux sociaux, les foras, et YouTube notamment. Cela non plus ne se fait pas sans l’accord de Valentin Mubake.

Enfin, lorsque le 14 novembre 2014 Mubake fait publier sa  » Déclaration de la base du parti « , une suite de revendications et de désaveux de la Direction politique de l’UDPS, il s’arrange pour réserver une copie à l’agence de presse belge Belga, de toute évidence afin de multiplier son impact médiatique. Il serait curieux que cela aussi, Mubake ne le sache pas.

Ainsi, en éludant les questions lui posées au motif que  » les questions de l’organisation interne de l’UDPS ne concernent pas la presse ni les auditeurs « , Mubake falsifie les faits et mène l’opinion en bateau.

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Cela ressemble à une fuite en avant qui ne dit pas son nom car aujourd’hui Mubake est un homme qui a des comptes à rendre à la fois à ses amis « mubakistes » et aux membres et sympathisants de son parti.

Aux premiers, puisqu’il les a menées dans un combat perdu d’avance, n’ayant pour seules idées à proposer que la stigmatisation de sa hiérarchie, et étant incapable de mobiliser. Après deux ans, ils ne sont pas plus avancés qu’ils l’étaient à leur début. Au contraire, ils ont perdu toute visibilité dans opinion.

Et l’histoire de leur parti se fait sans eux. Pour « exister », ils n’ont qu’une option :faire la contestation de tout ce qui se décide à Limete.

Aux seconds puisque les deux ans et plus qu’ont déjà duré la fronde mubakiste a failli ruiner  » la fille ainée de l’opposition « . Une fois de plus, c’est leur vieux leader, E. Tshisekedi, qui vient à leur secours pour éviter la casse.

Plutôt que de faire face à ses responsabilités, voilà que Valentin Mubake nous envoie balader en quelque sorte en nous lançant :  » Circulez, il n’y a rien à voir !  »

Malin, va !

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