Etienne Tshisekedi, le roseau s’est (enfin) rompu !

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Etienne Tshisekedi fut un roseau. Un roseau qui pliait souvent mais jamais ne rompait.

Comme si par inconscience il jouait au martyr et dansait habituellement sur un volcan, il fit le choix d’une lutte non-armée pourtant dans un pays où la brutalité policière était sans pareille. Un pays où les balles de l’armée fauchaient sans pitié des vies des citoyens innocents qui osaient s’écarter de la ligne officielle.

Comme un roseau, il n’avait ni armée prête à mourir pour lui ni une meute d’avocats prêts à le défendre. En effet lorsque le président L-D Kabila le renvoya dans son village natal à Kabeya-Kamuanga, dans le Kasaï Oriental, on ne vit aucune manif des membres de son parti. Il n’avait pas non plus toujours des conseillers qu’il lui fallait.

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Dans un pays gangrené par la corruption qui touche tous les pans de la société et dans lequel le taux de chômage est supérieur à celui des travailleurs, son exemple d’intégrité morale gênait beaucoup de ses pairs habitués à voir passer entre leurs mains des billets verts, lesquels conditionnaient d’ailleurs  » la couleur  » de leur discours politique.

Là où bien d’hommes (ou femmes) auraient jeté l’éponge et lâché prise, histoire de  » songer d’abord à l’avenir de sa progéniture « , lui, têtu comme une mule, avançait comme un taureau, sans tenir compte des obstacles.

Alors que beaucoup pensaient par moment qu’il menait un combat perdu d’avance, et qu’il se dirigeait droit vers un mur, un combat disproportionné, à la manière de David contre Goliath, curieusement  » l’homme de Limete  » semblait croire en lui-même.

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Ni les emprisonnements dans les geôles les plus sordides et éloignées, ni les bastonnades les plus brutales, celles-là même qui vous transforment le visage en un masque ensanglanté, tuméfié et méconnaissable, et à vous demander si cela vaut encore la peine de continuer sans espoir de réussir, n’avaient entamées ses convictions.

Qui saurait encore nous convaincre que  » les prisons éduquent les citoyens  » qui y sont enfermés ? Ce qu’elles font en général, c’est de renforcer les convictions des pensionnaires, surtout dans le cas des objecteurs de conscience. Des cachots en prisons, des relégations en relégations, l’homme devint inoxydable. Habitué à y être seul, il avait appris à être abandonné par tous.

Ni les fréquentes trahisons de ses proches camarades, lesquels sont tombés les uns les autres dans les bras du Marechal Mobutu ou ceux de ses successeurs, ne l’ont fait reculer. Ni les frondes internes passées et récentes ne l’ont rendu amer.

Ni les fréquentes Tshisekedi-bashing, ces campagnes médiatiques commandées par les différents dirigeants de Kinshasa, qu’elles proviennent du Soir de Bruxelles, de Jeune Afrique ou des media locaux, ne l’ont détourné du big picture.

Ni même les conséquences de ses nombreuses erreurs. Ni l’âge avancé, ni la maladie.

Comme un roseau il pliait, se retrouvait au fond du trou, seul, et puis après, se redressait sans rompre.

Etait-ce de l’arrogance ? Seul contre tous, avec cette nonchalance d’un chef coutumier, il semblait croire que tôt ou tard ses compatriotes finiraient par lui donner raison.

Son débit lent et l’assurance qui se dégageait de sa voix  dans un environnement pourtant hostile étonnaient beaucoup d’observateurs. Nous bluffait-il ?

Bon an mal an, il remettait ça.

Mobutu parti, on le croyait fini, au bout du rouleau, vidé de substance avec l’arrivée des  » libérateurs  » du 17 mai 1997. C’était mal le connaitre. Comme s’il se renouvelait autant que changeaient les autorités de Kinshasa, il fut jusqu’à la veille de sa mort,

On l’aurait compris s’il avait établi son quartier général à mille lieux de Kinshasa, à Paris, Bruxelles, Johannesburg ou Washington. Il pouvait avoir le titre très prisé de  » réfugié politique « , lui dont beaucoup se sont servi comme prétexte pour se présenter en réfugié dans plusieurs pays du monde.

De là il pouvait lancer ses troupes à l’assaut, de là il aurait tenu l’un de ses propos incendiaires dont il avait le secret.  Alors qu’il se tenait cache, à l’ abri d’un bunker ou d’une ambassade.

Mais non, c’est à Kinshasa qu’il résidait et menait l’essentiel de son combat. Il avait une adresse connue, et n’avait ni des garde-corps armés ni ces armoires à glaces qui accompagnent les autorités politiques et dont le seul regard vous glace le corps.

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Terré sur l’avenue Pétunias, non loin du Boulevard Lumumba, dans une maison banale juste bordée d’un mur clôture ordinaire comme il y en a partout à Kinshasa, il était à la portée des descentes musclées de l’armée.

Jusqu’à cet après-midi du premier février dernier où un invité peu ordinaire s’est invité dans sa chambre d’hôpital bruxellois où il fut admis plus tôt, officiellement pour un  » check-up médical « .

Un rendez-vous d’où il ne reviendra pas.

Cet homme qui n’avait craint ni la redoutable DSP, la garde prétorienne du président Mobutu Sese Seko ni ses successeurs, lui dont le terme peur semblait ne pas faire partie de son vocabulaire, cette fois-là courba l’échine sans résister, terrassé par plus fort que lui : la mort.

Habitué à nous démontrer son courage et son opiniâtreté, voilà qu’il a choisi de s’éteindre loin du pays, comme s’il se gênait d’exposer son côté frêle à ses compatriotes. Un côté méconnu du commun des congolais.

Etienne Tshisekedi n’était donc qu’un roseau. Un roseau qui a fini par rompre à forcer de plier. Il avait 84 ans.…

S. Badibanga, comme un funambule …

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Bon, le faux suspense fini depuis le 17 novembre dernier, le gagnant du gros lot est connu depuis: il s’agit de Samy Badibanga nommé  Premier ministre. Applaudissements.

Ce n’est donc plus Vital Kamerhe? En réalité Badibanga ou Kamerhe, cela ne change rien à rien.

 » Fait d’arme  » de Badibanga, Intox de Jeune Afrique ?

Le nouveau promu est âgé de 54 ans et Jeune Afrique, à la manière d’un chercheur d’emploi qui  » embellit  » son CV pour les besoins de la cause, le présente comme faisant  » partie des opposants qui ont participé au dialogue « , et même comme  » président du groupe parlementaire UDPS et Alliés « , avant de se contredire un paragraphe plus loin, admettant que celui-ci  » n’est plus considéré comme membre de la formation politique présidée par Etienne Tshisekedi « , c’est-à-dire l’UDPS.

Ainsi, Samy Badibanga Ntita a beau avoir siégé au Parlement depuis 2012 contrairement à la ligne politique de son propre parti et de ce fait automatiquement  » s’auto-exclure  » mais pourtant demeurer  » président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, … parti dont il ne faisait plus en principe partie!

Serait-ce là une logique à la sauce congolaise, de l’intox ou une falsification de notre histoire commune?

Toujours mieux inspiré que jamais, Jeune Afrique, sous la plume de Trésor Kibangula, ne va pas loin pour dénicher  » son fait d’armes le plus retentissant « .

A vos dévinettes donc.

Aurait-il, en sa qualité de parlementaire, fait voter une loi qui aurait contribué à récupérer des millions de dollars détournés ou gaspillés, voire assaini les finances publiques?

Serait-ce que le tout nouveau Premier ministre avait mis au point une stratégie qui sortirait notre pays du sous-développement?

Inutile de chercher la réponse car le  » spécialiste du Congo  » [ndlr: Trésor Kibangula] a la gentillesse de nous le révéler lui-même:  » dire non à l’opposant historique Etienne Tshisekedi « !

Rien que ça?

Et comment donc! Le parti de Limete ayant eu à l’époque en tout 42 députés à l’Assemblée nationale, ceux-ci doivent – tous – au meme titre que Badibanga, avoir dit  » non à l’opposant historique Tshisekedi « …

Mais ces cinq ans de législature, noyés dans la masse de  députés de la Majorité Présidentielle (MP) trop majoritaires, ces auteurs des  » fait d’armes rétentissant « , défavorisés par la loi du nombre, n’ont eu plus qu’à faire de la figuration à l’Assemblée nationale, incapables qu’ils étaient de faire passer la moindre loi.

Ça, les  » honorables  » ne le savaient-ils pas?

Cérise sur le gâteau, ils n’ont même pas eu la présence d’esprit de demander des comptes périodiquement au gouvernement sur le sort des fonds annuels de $250.000.000 alloués par la loi budgétaire à la CENI en vue d’organiser les différentes élections prévues à l’époque en 2016.

Rien que pour cet  » oubli « , dans des pays organisés, certains seraient obligés de se démettre. Au pays des  » faux penalties « , ils seraient donc des héros aux yeux de Jeune Afrique!

Ce  » fait d’arme retentissant  » consiste en réalité de n’avoir pas été conséquents avec eux-mêmes. Leur parti ayant traité de  » frauduleux  » le scrutin de novembre 2011, ces braves messieurs  ont trouvé logique de siéger au sein des institutions issus des  » élections frauduleuses « .

Voilà ce qui semble avoir impressionné Jeune Afrique…

Y comprenez-vous quelque chose, vous?

Langue de bois mise à part, Ce qu’ils ont en fait accompli comme  » haut fait  » c’est de s’être opposé aux positions de l’opposition dont ils se réclamaient (et grâce à laquelle ils étaient élus) politique et d’avoir par contre épousé les vues de la Majorité.

D’ailleurs, si jusqu’à sa nomination récente, Samy Badibanga est resté inconnu du grand public quoique président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, c’est par manque d’adoubement de la part du Sphinx de Limete, Etienne Tshisekedi.

Privé de cet appui indispensable le  » chef du groupe parlementaire  » était dès lors dépourvu d’un quelconque poids politique national, n’ayant plus ses entrées à Limete qu’à travers Felix Tshisekedi, secretaire adjoint de l’UDPS dont il est proche. D’ailleurs il doit une certaine visibilité à ce dernier qui faisait (sans succès jusque-là) du lobbying afin que les  » députés de l’UDPS  » soient réadmis au sein de leur parti.

Un Premier ministre aux pieds et mains liés

A entendre Vital Kamerhe,  » Samy Badibanga pourrait surprendre et réussir « . D’abord avec ses récents propos contradictoires à l’esprit, serait-il (encore) nécessaire d’accorder quelqu’importance aux déclarations tenues par le président de l’UNC?

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Ensuite si  » réussir  » il peut, à quoi réussira-t-il? A créer des emplois? A tenir langue avec l’opposition? A obtenir une envolée économique du pays? A assainir les finances de l’Etat? A pacifier le pays? A faire réviser la Constitution?

En realite, Samy Badibanga, devenu le  » Premier ministre du glissement « , aura plutôt fort à faire. Contesté plus que jamais, dépourvu de légitimité polulaire, il apparait avoir pieds et mains liés.

Si son prédecesseur avait l’avantage de provenir d’une famille politique précise, Badibanga lui, à la manière d’un enfant renié par ses propres parents, semble boudé par celle dont il se réclame: l’UDPS.

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Si Matata Ponyo bénéficiait au moins du soutien des membres de son parti et de sa plateforme, il n’en est pas le cas pour Samy Badibanga.  » Auto-exclu  » de l’UDPS, ce dernier ne bénéficie du soutien d’aucune force politique ayant un poids, situation qui le fragilise.

Sa nomination (et forcement sa durée) dépendent du bon vouloir du chef de l’Etat qui l’a désigné. Ça il le sait.

Aura-t-ils les mains libres? Son grand challenge et son véritable poids au sein du gouvernement se verront bientôt s’il fermera ou non les yeux lorsque ses anciens amis politiques, lesquels sont déterminés à ignorer le gouvernment, c’est-à-dire lui-même et les membres de son gouvernement, tenteront d’organiser les manifestations.

Calendrier politique oblige, Badibanga sera amené à gérer plus des troubles d’ordre politique que de développer son  pays. Le ton de ses propos à l’endroit du Rassemblement et principalement d’Etienne Tshisekedi  sera révélateur de sa  » mission   » à la tête du gouvernement.

Son grand avantage serait que, pour avoir été son conseiller, il connait Etienne Tshisekedi mieux que quiconque. Il pourrait ainsi anticiper certaines de ses réactions. Il n’est pas non plus exclu qu’il ait conservé officieusement quelques amitiés à Limete, mis à part Felix dejà cité.

Puisque les amitiés que lient un Premier ministre en fonction sont (souvent) intéressées, et donc dépourvues de toute sincerité, l’on n’a pas d’autre choix que de se replier sur ceux qu’on a connu pendant la galère…

Il n’empêche, boudé par le Rassemblement, la principale coalition de l’opposition, mais reconnu (jusqu’à quand?) par la Majorité Présidentielle (MP), manquant de charisme et inexpérimente, Samy Badibanga sait qu’il n’est pas le Premier ministre du consensus ni le chef d’un parti ou d’une coalition qui a remporté une quelconque élection législative.

Il ne lui reste qu’à jouer au funambule, tel un acrobate qui marche sur une corde raide tendue au-dessus du sol, écartélé par son ancienne famille politique (l’opposition) et celle dont il a accepté (le sait-il?) désormais de gérer le passif, la Majorité Présidentielle (MP).

Se comporter en funambule ou faire de l’équilibrisme pourrait alors être son vrai  » fait d’arme rétenitssant  »

Y parviendra-t-il?

Qui vivra verra.

L’Amérique sera-t-elle encore notre modèle?

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dtC’était le 28 juillet 2015 au Mandela Hall, le siège de l’Union Africaine (UA), à Addis-Abeba en Ethiopie. Ce jour-là l’actuel président-sortant américain Barack Obama prononça un discours ex-cathedra mémorable.

Coïncidence ou pur hasard, ce fut également au mois de juillet, exactement le 11 juillet 2009 que l’homme d’Etat américain fit l’histoire sur le continent Noir. En effet ce fut à Accra au Ghana qu’il tint ses propos célèbres selon lesquels  » l’Afrique n’a pas besoin des hommes forts, mais des institutions fortes « .

A Accra autant qu’à Addis-Abeba, il tacla certains facteurs qui constituaient à ses yeux des goulots d’étranglement au développement de l’Afrique.

En 2009 tout comme en 2015, ses propos ne firent pas que des heureux. S’ils réjouirent les jeunes et des intellectuels progressistes, ils embarrassèrent aussi la plupart des dirigeants africains. Certains le traitèrent de  » donneur des leçons « .

Revenons à Addis-Abeba dont ci-dessous des extraits :

Quand l’Amérique se tient en modèle…

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 » … Je dois reconnaitre que le progrès démocratique de l’Afrique se trouve (…) menacé lorsque les dirigeants des pays refusent de se retirer à la fin de leurs mandats… »

 » (…) Je ne comprends pas cela … Moi je suis en plein deuxième mandat. Ce fut un privilège pour moi de servir mon pays comme président des Etats-Unis d’Amérique. Je ne peux imaginer un plus grand honneur ou un travail plus intéressant. J’aime mon travail. Mais selon notre Constitution, je ne peux plus me représenter… Je n’en ai pas le droit. »

 » En effet, je pense sincèrement avoir été un président assez bon … Je pense même que si je me présentais aux prochaines élections, je pourrais l’emporter. Mais je ne le peux pas. Il y a certes nombre de choses que je pourrais faire afin de faire avancer l’Amérique, mais la loi c’est la loi…. Et personne n’est au-dessus de la loi. Pas même le Président.  »

En d’autres termes, Barack Obama tenait ces propos aux africains : que personne ne s’attende à ce que moi je modifie la Constitution américaine au terme de mon second mandat afin de me représenter au motif que j’aime mon pays et que je pourrais l’améliorer davantage. Croyez-moi : je n’en ai ni l’envie ni le pouvoir.

Pour tout dire, ici l’Amérique se dresse en modèle démocratique  ou chaque citoyen se plie à la règle du droit. Ici l’Amérique trace la voie à suivre.

Moment d’émotion et d’excellence sans doute, mais il ne fut pas le seul.

L’autre moment de brillance de l’Amérique, le discours dans lequel Hillary Clinton concède sa défaite face à son rival Donal Trump, le 9 novembre. Extraits.

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 » La nuit dernière, j’ai félicité Donald Trump et lui ai proposé de travailler de commun accord pour le bien de notre pays. Je souhaite qu’il ait du succès en tant que président de tous les américains. (…) Donald Trump sera notre Président à tous (…) accordons-lui la chance de diriger le pays… »

Deux moments d’excellence. Si Barack Obama recommandait aux dirigeants d’éviter l’écueil que constitue l’élasticité des mandats constitutionnels, Hillary Clinton elle, démontre comment accepter avec fair-play les résultats des élections du moment qu’elles étaient libres et transparentes.

Deux modèles aussi car selon la loi africaine non écrite selon laquelle  » on n’organise pas les élections pour les perdre ensuite « , le gouvernement Démocrate au pouvoir n’a pas tenté un faux penalty au profit d’Hillary Clinton.

D’autre part, tant d’élégance de la part de madame Clinton  qui fut pourtant traité de  » malhonnête  » et menacé d’être  » jeté en prison  » par Donald Trump est une preuve de dépassement extraordinaire.

Ces valeurs-là, avouons-le, sont inconnues des congolais.

Des interrogations …

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Cependant, au moment où le rideau se referme sur les élections américaines, et que les supporters du vainqueur Donald Trump jubilent tandis que ceux de la vaincue, Hillary Clinton sont partagés entre l’étonnement, la colère et la résignation, les observateurs eux, s’interrogent.

Puisque l’on a toujours les dirigeants que l’on mérite et que ceux-ci ont une influence tant sur les institutions qu’au-delà de par leur éclat, il est à se demander si l’Amérique a changé.

S’il est trop tôt de savoir quel genre de Président sera Donald Trump, il est possible cependant de se rappeler quel candidat il fut. Le quotidien français Libération le décrit comme  » raciste, xénophobe, menteur, sexiste, vulgaire et haineux.  »

Nous ajouterions : imprévisible, démagogue, complotiste (puisqu’il croit en des théories du complot) et un homme qui manque de galanterie.

Soutenir que Donald Trump est, de par certaines de ses idées et comportement, proche d’un dirigeant africain que de ses prédécesseurs n’est pas une exagération. A l’entendre s’exprimer, l’on croirait entendre Julius Malema, politicien sud-africain perçu par beaucoup comme démagogue et populiste.

C’est dire à quel point le mythe du modèle démocratique américain est sur le point de s’écrouler.

Il y a bien longtemps qu’un scandale financier ou sexuel affectait un candidat américain. Il a beau avoir été accuse d’harcèlement sexuel ou se vanter de ne pas payer d’impôt, rien n’y fait.

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C’est lui qui déclara qu’il ne reconnaitrait les résultats des élections qu’au cas où il serait élu. Beaucoup se demandent donc ce qu’il ferait s’il était à la place de madame Hillary…

C’est lui aussi qui dit en janvier 2016 qu’il pouvait se tenir sur la Cinquième avenue et tirer sur le premier passant sans perdre un seul électeur.

L’on se rappelle son intention de bannir l’entrée des musulmans aux USA du simple fait qu’ils sont musulmans. Quant aux mexicains ce sont  » des violeurs « .

Pendant la campagne, face à des auditoires chauffés à blanc, il qualifiait sa rivale de  » vicieuse “, de  » menteuse  » ou  » la plus corrompue de l’histoire « .

Avec Donald Trump, c’est une autre image de l’Amérique que l’on va vivre, une Amérique différente.

Alors l’Amérique de Trump sera-t-elle encore notre modèle ?

Cette Amérique-là ne sera pas un (bon) exemple car elle représentera des antivaleurs.

Cette Amérique-là ressemblera fort à du déjà vu, à ce qui se fait déjà chez-nous : à la politique dépourvue des règles, à la loi du plus fort, à la ségrégation basée sur nos différences (origine, race, instruction, religion), au règne de la vulgarité.

Cette Amérique-là ne sera plus notre modèle car elle sera comme nous, tels que nous sommes déjà. Cette Amérique-là ne nous tirera plus vers le haut, elle ne visera plus l’excellence.

En tout cas cette Amerique de Donald Trump ne nous fera plus rêver.

Il est possible que d’ici son entrée en fonction en janvier prochain les conseillers en communication fassent le lifting de ses idées et de comportement brutal afin qu’il adopte un discours  » politiquement correct « .

Trop tard: tout le monde sait à quoi le prochain occupant de la Maison-Blanche ressemble. D’ailleurs l’on a beau chasser le naturel, il reviendra au galop.